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Etudes de Langue et Litterature Francaises


  • - 주제 : 어문학분야 > 불어학
  • - 성격 : 학술지
  • - 간기: 계간
  • - 국내 등재 : KCI 등재
  • - 해외 등재 : -
  • - ISSN : 1226-4350
  • - 간행물명 변경 사항 :
논문제목
수록 범위 : 47권 1호 (2001)

불문학 : Julien Green 의 si j` etais vous 또는 소설가의 꿈

권은미(Eun Mi Kwon)
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Pour Julien Green pour qui il est lui-me^me la matie`re et l`unique sujet de ses livres, la cre´ation litte´raire est une sorte de tentative de libe´ration d`une `geo^le` que forme le conflit entre la religion et le de´sir terrestre dans sa vie, d`une geo^le ou` il se trauve enferme´ a` la suite de la de´couverte de son amour impossible et de l`aveu manque´ de cet amour. Pour oublier ce conflit, pour sortir de lui-me^me, il plonge dans le monde imaginaire, dans ses re^ves qui sont ses livres ou` il extermine ses de´sirs en e´crivant. Parce que dans le roman, le romancier peut sortir de lui-me^me, devenir autres. Mais dans ses romans, il retrouve ses propres proble`mes grandis par une obscure ope´ration alchimique qui n`est pas autre chose que le me´canisme du re^ve. Pourtant par la cre´ation litte´raire, il obtient une certaine mesure de libe´ration, sa catharsis. Dans son roman Si j`e´tais vous, Green introduit le me´canisme me^me de la cre´ation romanesque en faisant de son personnage un romancier qui re^ve aussi de sortir de lui-me^me. Le re´sultat est pareil a` celui de l`auteur Green. Le personnage Fabien retrouve ses proble`mes sous les formes chaque fois plus accentue´es, d`abord dans son roman termine´ court a` cause de son incapacite´ et son ignorance des e^tres, et puis dans son re^ve qui n`est pas autre chose que son roman e´crit cette fois avec l`aide du de´mon. A la fin de cette aventure fantastique, Fabien s`aperc¿oit que l`a^me ne peut se sauver que dans le corps qui lui a e´te´ assigne´. Se re´ve`le la structure de ce roman, trois fois `mise´e en abyme` du me´canisme de la cre´ation romanesque. Mais cette structure peut avoir un autre sens que la re´pe´tition simple par `la the´orie de la spirale`. Apre`s chaque re´pe´tition, on arrive a` se connai^tre mieux, on se de´livre peu a` peu et on avance. Pour Fabien qui re^ve et qui fait le voyage a` travers des a^mes par le pacte avec le de´mon, et pour Green qui croit que le talent du romancier plonge ses racines dans le pe´che´, la cre´ation romanesque qui est `le re^ve du romancier` est impure et empoisonne´e. Mais les livres sont un long chemin qui nous me`ne de la souffrance au bonheur par un long voyage inte´rieur qui fait se connai^tre soi-me^me, et par la` qui fait accepter la condition humaine en une unite´ de l`a^me et du corps.

불문학 : 절제의 미학 : 줄리앙 그린

김남연(Nam Youn Kim)
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La position de la litte´rature traditionnelle par rapport a` l`internet ou l`audiovisuel est actuellement menace´e. A l`Universite´ me^me, on ne trouve pas de de´bat acade´mique sur la litte´rature serieuse. Mais parler justement de la litte´rature est capital surtout de nos jours ou` la cre´ativite´ est une grande vertu et une compe´tence. Beaucoup de critiques parlent de l`e´criture classique chez Julien Green. Mais Green a toujours e´te´ traite´ comme un e´crivain de´mode´ ou me^me catholique. Cette position a` son encontre a` des raisons autres que litte´raire. Mais c`est restreindre son art. L`inte´re^t de notre e´tude est d`observer son e´criture dans une optique purement litte´raire pour comprendre combien notre auteur est moderne et compe´tent. Le rapprochement entre l`oeuvre greenienne et les autres oeuvres contemporaines parai^t arbitraire. Son art est unique au monde. Franc¿ois Mauriac e´crit des romans courts par un choix de´libe´re´ : ses manuscrits montrent qu`il e´lague et resserre. Par contre Green ne domine pas son livre. Il n`a qu`a` attendre ses personnages au long des semaines et des mois, dans un travail re´gulier, quotidien... le rythme de Green et Mauriac est diffe´rent, diffe´rent aussi la densite´ du roman. Justement sa quotidiennete´ re´ve`le son art. Green sait attendre les expressions les plus efficaces pour son livre. Il ne met pas tout ce qu`il veut exprimer, parce qu`il sait bien que l`essentiel, c`est-a`-dire l`indicible e´chappe souvent aux mots. Il met les abi^mes de la douleur dans les re´ticences, parce qu`il croit qu`il n`y a que le silence pour exprimer certaines choses. La sobrie´te´ de l`e´criture chez Green dit beaucoup de choses. Il sait faire des effets sur les sentiments de son lecteur par ses techniques diverses : la progression dramatique du texte ou le progre`s haletant de la narration. Chez lui la re´pe´tition de certains mots est presque magique. On parle de l`e´conomie et du caracte`re anti-baroque de l`expression chez Green. Son style limpide suffit a` exprimer sa sensibilite´ de l`auteur. Il n`est pas difficile de remarquer qu`il y a beaucoup d`immobilite´ et de silence comme de´cor dans son oeuvre. Il faut remarquer que le silence greenien n`est pas simplement la cessation du bruit, mais quelque chose d`inte´rieur et de profond. Dans les romans de Green, on entend paradoxalement le silence. Le long silence permet une accumulation de force, de passion, de violence. Mais cette tension inte´rieure ne tient jamais a` un fait surprenant en lui-me^me, mais bien a` la pre´sence, chez l`auteur tout comme chez ses personnages, d`un monde inte´rieur extre^mement spirituel. Green n`aurait peut-e^tre pas garde´ tout son e´quilibre s`il ne s`e´tait pas de´livre´ par son oeuvre. Nous savons qu`il re´ussit a` transmettre une sorte de vrai sentiment imme´diatement sous formes d`images, ce qui conduit a` bien des subtilite´s et des raffinements.

불문학 : 쎌린느와 쌀르트르의 ' 새로운 글쓰기 '

김정곤(Jung Gon Kim)
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La pre´sente e´tude se propose d`analyser la "nouvelle e´criture", libe´re´e d`avec les normes de l`e´criture traditionnelle, dans les romans de Ce´line et de Sartre. Cette e´tude comporte trois parties: la langue et l`expression romanesque, le mode narratif, et, les personnages. Les innovations se produisent, tout d`abord, au niveau de la langue et du style, dans lequels les e´crivains ne cherchent pas a` donner une description plus pre´cise de la re´alite´ objective mais, a` engager le lecteur dans une relation plus actuelle. Les innovations les plus remarquables touchent ensuite au mode narratif. Elargissant la sphe`re d`activite´ du narrateur, ils s`e´cartent du mode narratif traditionnel, modifient les rapports classiques entre l`auteur et le narrateur, le narrateur et le lecteur. La pre´sence du narrateur, chez eux, tient a` la comple´xite´, dans la mesure ou` il n`est pas un personnage `monophonique`, mais, le de´positaire de tous les discours. Mais, la recherche de "la nouvelle e´criture" ne s`arre^te pas la`. Par la fusion de l`auteur et des personnages, ils rendent au re´cit une plus grande neutralite´. Au sens e´tymologique du terme, le "je" n`est ni "l`un" ni "l`autre". Il en re´sulte que l`auteur peut e^tre plus pre´sent dans le texte, a` la fois dans le passe´ de ses aventures et dans le pre´sent de sa narration. Ces proce´de´s permettent, en me^me temps, de re´pondre a` l`attente du lecteur, en interpellant le lecteur en tant qu`homme et, en tant que destinataire particulier du re´cit. Ce´line et Sartre imposent leur projet litte´raire au lecteur: ils ne veulent plus que l`on distingue celui qui lit de celui qui parle, pour clore l`e´poque ou` le lecteur jouissait de romans qui ne lui imposaient pas de directement s`impliquer.

불문학 : 글쓰기의 모험 , 고백의 수사학 - 베르나노스의 망명 일기 -

김한식(Han Sik Kim)
한국불어불문학회|불어불문학연구  47권 1호, 2001 pp. 75-101 ( 총 27 pages)
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Cette e´tude part d`une phrase proble´matique de Bernanos dans un des ses e´crits de combat: "J`ai voulu donner a` ce livre la forme d`un journal". Qu`est-ce qu`il entend par "la forme d`un journal"? S`agit-il d`un "pacte formel" du journal? Voici notre hypothe`se de de´part: e´crire des pamphlets, c`est, pour Bernanos, raconter des e´ve´nements correspondant a` un temps historique, souvent dilate´ par le souvenir et l`attente. Sur le plan temporel, l`e´criture du journal gagne la protection du temps du calendrier, gra^ce a` laquelle l`e^crivain se garde de l`oubli et du de´sespoir de n`avoir rien a` dire. Ecrire le journal, c`est, pour Bernanos, une manie`re d`e´chapper au silence et a` l`exil dans le temps. Nous pouvons constater ainsi la tension inhe´rente a` son e´criture du journal. D`une part, il y a l`artifice de l`e´criture litte´raire -- le journal est une partie de son oeuvre litte´raire qui, dans son projet initial, e´tait destine´ a` la publication --, d`autre part, la que^te de soi-me^me a` travers l`e´criture non-litte´raire, puisqu`il va de soi que le premier destinataire du journal est le re´dacteur lui-me^me -- auto-destination -- me^me si la publication du journal est pre´suppose´e. L`e´nonciation narrative des se´quences de journal est caracte´rise´e ainsi par cette tension entre fermeture et ouverture. Avec la fermeture, l`e´crivain tente de saisir son Moi dans la moindre distance narrative, sans souci du destinataire, alors que l`ouverture consiste a` se garder toujours de tomber dans le pie`ge du monologue narcissique. Ecrire est toujours une e´preuve ; c`est une "e´xpe´rience, essai de soi dans les mots". C`est la` que se place le fameux allocutaire, "l`enfant que je fus". L`e´criture "au jour le jour" comme te´moignage inte´rieur tient a` tenir la promesse faite a` cet allocutaire myste´rieux. Ainsi le journal devient-il a` la fois un the´a^tre intime de son Moi et de l`aventure de l`e´criture. En fait, les trois he´ros du "re´cit bernanosien" se correspondent dans une analogie myte´rieuse: le moi-narrateur, sa patrie-France et son livre. Ils sont, tous trois, exile´s dans le temps, souffrants d`une crise d`identite´. Ecrire le journal --raconter ces histoires d`exil--, ce serait donc une exege`se et une exorcisme pour surmonter et abolir le Mal. Et la`, le journal d`exil de Bernanos se donne, comme aventure de l`e´cirture a` travers la rhe´torique de la confession, sujette au temps du calendrier au dela` d`une e´criture quotidienne.

불문학 : 빅토르 위고의 「 관조시집 」 에 나타난 빛과 어둠의 대조법과 모순어법

김희경(Hee Kyung Kim)
한국불어불문학회|불어불문학연구  47권 1호, 2001 pp. 103-136 ( 총 34 pages)
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On sait que chez Hugo, la poe´sie est souvent le lieu d`un combat entre la lumie`re et l`ombre qui est repre´sente´ comme une me´thode rhe´torique qu`est l`antithe`se. Pour Hugo, l`antithe`se est aussi bien la figure de la Nature que du litte´raire. C`est la raison pour laquelle l`antithe`se devient pour Hugo "un signe du pourvoir magique exerce´ par le ge´nie" qu`on peut aussi appeler le contemplateur, qui permet de voir les deux co^te´s des choses. Dans la poe´sie hugolienne de l`exil, on assiste au glissement d`un dualisme syme´trique et plat vers un dualisme asyme´trique ou concentrique et profond. Le monde contemple´ est conside´re´ comme "l`abi^me fait d`e´tranges mouvements" dans lesquels tourbillonnent des faits et des choses. Pourtant, l`abi^me sombre sans fond n`aboutit pas a` une dispersion sans fin, mais il re´ve`le une cohe´rence et une convergence. C`est de`s lors que Dieu apparai^t comme le centre du cercle tourbillonnant dans l`imagination du poe`te. Le fourmillement de tout ne semble pas autre chose que la force centrifuge de ce centre qui est souvent repre´sente´ comme la clarte´ ineffable. On pourrait dire que la clarte´ est cache´e dans l`ombre profonde. Entre l`ombre profonde et la clarte´ ineffable, c`est-a`-dire entre le monde vertigineux et Dieu invisible, se place le contemplateur. Le contemplateur est celui qui peut regarder ce processus dynamique qui se de´roule entre l`ombre et la lumie`re, entre la cre´ation et la mort. Il est te´moin de la transformation de l`unite´. Pour le contemplateur, la mort est la rentre´e dans le centre ou` reluit l`oeil divin qui contient l`infini. C`est pourquoi la mort symbolique est une e´tape importante pour ouvrir un nouveau sens de vie, en ce sens que l`homme retrouve son anima. Il n`est plus de´sormais e´tonnant de voir que apparaissent les images ambigue¨s ou oxymoroniques de la mort-lumie`re et de la mort-naissance dans la contemplation hugolienne. L`antithe`se hugolienne qui contient les polarite´s antagonistes parvient a` se de´polariser en estompant leur ligne de de´marcation. C`est de cette manie`re que chez Hugo, les images de la lumie`re et de l`ombre, celles de la vie et de la mort, se pe´ne`trent pour nous conduire a` un autre monde : le monde poe´tique ou le monde imaginaire, qui n`est autre chose que le monde de l`a^me. C`est la` que prend vie un langage qui e´chappe aux lexiques ordinaires dans la de´marche dialectique propice a` la naissance de la poe´sie.

불문학 : 루소의 『 누벨 엘로이즈 』 에 나타난 빛의 이미지

문정자(Jung Ja Moon)
한국불어불문학회|불어불문학연구  47권 1호, 2001 pp. 137-159 ( 총 23 pages)
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La nature offre, en fonction du soleil, un aspect diffe´rent aux hommes. On a observe´ comment la lumie`re solaire affecte diffe´remment a` l`a^me sensible. La limie`re symbolise, d`une part, le de´voilement et la possession de la ve´rite´. Rousseau qui a ve´cu le sie`cle des Lumie`res a subi le malheur des malentendus et des complots de son sie`cle. Il de´gagera la lumie`re en de´voilant les te´ne´bres de la trame que les philosophes ont ourdie. La lumie`re inte´rieure conduit Julie au milieu des te´ne´bres de la passion, dont elle ne sortira que par son mariage. D`autre part, la lumie`re est l`image excellente de l`amour. La bien-aime´e, rayonnante de vertu et de perfection par son exemple, brille comme le soleil. Malgre´ les efforts pour d´gager la lumie`re, la mort de Julie apporte, au niveau du bonheur d`ici-bas, l`echec total. Rousseau met son espoir dans l`au-dela apre`s la mort. Le de´sir infini des amants ne sera rempli qu`apre`s la mort de Julie.

불문학 : 모리스 블랑쇼 , ' 마지막 말 ' 의 추구로서의 글쓰기 : 타자에로의 열림

박규현(Kyou Hyun Park)
한국불어불문학회|불어불문학연구  47권 1호, 2001 pp. 161-188 ( 총 28 pages)
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L`e´criture est un des the`mes principaux de presque tous les de´bats litte´raires et philosophiques de notre e´poque. En effet, pour bien comprendre les grands penseurs du vingtie`me sie`cle, comme Nietzsche, Freud, Jung, Foucault, etc, nous devons savoir quel sens ils donnent a` l`e´criture. L`essentiel, a` ce propos, resterait l`acte d`e´criture qui nous entraine dans l`espace du langage cryptique et dans l`absence de pre´sent. En ce qui concerne le terme "e´criture", nous avons aborde´ la pense´e de Blanchot, romancier et critique, qui ne cesse de parler de l`expe´rience de l`oeuvre comme celle du dehors. Et nous avons aussi e´tudie´ le point de vue de Woolf qui est semblable aux ide´es de Blanchot Nous avons examine´ l`e´criture comme un mouvement qui nous faire vivre l`expe´rience de l`oeuvre. Selon Blanchot, celle-ci s`accomplit par la passivite´ du mourir qui prive le pouvoir du sujet. Blanchot s`interesse surtout a` l`e´criture autobiographique, pour affirmer non pas le pouvoir de la cre´ation du sujet, mais la disparition du sujet : l`absence d`histoire autobiographique et de psychologie personnelle. Il voit dans le fond de l`e´criture autobiographique un langage pur a` la place du sujet. Blanchot l`appelle "l`expe´rience du dehors", et Woolf, "la re´alisation de la poe´sie". Pour eux. "l`acte insense´ d`e´crire" consiste a` revivre l`expe´rience de l`oeuvre. L`e´crivain meurt continuellement dans sa passivite´ et n`arrive jamais au fond de l`oeuvre. Car ce fond n`existe pas. La tour babe´lienne finit toujours par s`effondrer. Le moment de son effondrement est celui du "dernier mot" qui n`est pas un mot, mais "l`il y a". Le dernier mot n`est le dernier mot que pour ce qu`il re´serve de silence. L`e´criture n´est autre que la recherche perpe´tuelle de ce dernier mot. D`apre`s Blanchot, le dernier mot indique la relation infinie avec l`autre dans une autre temporalite´ : l`absence de pre´sent. Dans l`absence de pre´sent, le sujet devient un espace vide ou` se constitue "l`e^tre-en-commun" par le "on". Le sujet doit donc essayer d`entrer dans "la vie de l`oeuvre" qui se saisit comme une sorte d`espace politique qui pre´existe a` toute politique de´termine´e, en prenant le risque de se perdre. Par la`, la ta^che de l`espacement infini du sujet lui-me^me se montre chez Blanchot par le terme "re´volution". En de´finitive, nous pouvons conside´rer "l`acte insense´ d`e´crire" comme l`ouverture vers l`Autre.

불문학 : 조르쥬 상드의 문학적 초상 - 1830 년대 작품을 중심으로 -

박혜숙(Hae Sook Park)
한국불어불문학회|불어불문학연구  47권 1호, 2001 pp. 189-217 ( 총 29 pages)
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Avant d`analyser les portraits sandiens, il est ne´cessaire de rappeler l`e´volution de la notion de portrait dans l`histoire litte´raire. Au XVIe sie`cle, dans le conte ou sur la sce`ne, le portrait tel que nous l`avons de´fini n`existe pas. Si nous le cherchons chez Rabelais, c`est que nous sommes conditionne´s par l`e´volution du roman poste´rieure au XVIe sie`cle. Lors`quils mettent en sce`ne des personnages, c`est d`abord pour raconter des histoires. La monotonie des portraits n`e´tait pas per¿cue comme correspondant au gou^t de l`auteur mais a` celui du lecteur. On va de´sormais tenter de de´crire ≪chaque a^me individuelle≫ des personnages. Les portraits litte´raires sont devenus le moyen de de´finir la vie inte´rieure du mode`le. Cela annonce la naissance de la litte´rature psychologique des XVIIe-XVIIIe sie`cles dans laquelle les portraits allaient tenir un ro^le pre´ponde´rant. L`individualisation du portrait moral et physique constitue l`e´tape suivante et caracte´rise le portrait du XIXe sie`cle qui exprime la re´alite´ visible ainsi que la re´alite´ invisible pour faire vivre le personnage comme un e^tre humain. Au XXe sie`cle, le portrait va franchir une autre e´tape psychologique. La manipulation par les psychanalystes du secret du portrait litte´raire a permis de mettre en e´vidence que ce portrait e´tait d`abord une description de l`a^me de l`e´crivain, c`est-a`-dire de l`inconsient du cre´ateur des personnages. Revenons maintenant au XIXe sie`cle et plus pre´cise´ment aux portraits sandiens. Pour Flaubert, ce qui est en jeu dans le portrait romanesque c`est la vraisemblance visuelle, tandis que chez G. Sand, le portrait romanesque doit e^tre le support des pense´es psychologiques des personnages et doit transmettre aux lecteurs le message ide´ologique dont ils sont porteurs. Le portrait, donc, doit rendre compte des nuances du paysage inte´rieur des personnages qui, ajoute´es a` la ressemblance visuelle, nous permettent de pe´ne´trer dans l`intimite´ d`un e^tre. Le regard que G. Sand porte sur ses personnages est un regard intime et de pre`s. Ce qui compte pour l`auteur c`est leur e^tre et non pas leur parai^tre. Aussi l`un de ses proce´de´s favoris dans la description des personnages est-il celui du zoom, qui permet d`approcher progressivement l`intimite´ du personnage. Les traits caracte´ristiques des personnages fe´minins de G. Sand ne re´sident pas dans leur apparence exte´rieure. Les femmes ne sont pas ces ste´re´otypes ide´aux du XIXe sie`cle. L`he´roi¨ne sandienne ne correspond pas toujours a` l`ide´al du he´ros. L`un des traits caracte´ristiques des portraits sandiens c`est qu`ils nous montrent les femmes ide´ales a` travers le regard fe´minin. La peinture des femmes ide´ales est le fait d`e´crivains-hommes. Les descriptions de leur peau, de leur bouche en cerise et de leur e´paules blanches...etc. nous re´ve`lent le de´sir des hommes cache´ sous cette repre´sentation litte´raire, aucun regard d`homme, me^me dans sa fonction d`e´crivain, ne pouvant e^tre conside´re´ comme totalement exempt de pulsion sexuelle. Bien diffe´rent de ce regard porteur de de´sir est le regard de G. Sand dans les portraits de la femme ide´ale. Mais le regard fe´minin que G. Sand porte sur ses he´roi¨nes nous montre un aspect tout a` fait diffe´rent de leur personnalite´. Leur ide´alite´ re´side dans leur vie inte´rieure pluto^t que dans leur apparence exte´rieure. G. Sand veut e´voquer la dignite´ ou la gra^ce du personnage fe´minin a` travers une description de sa physionomie exte´rieure, faite sans complaisance e´rotique. Si le regard que G. Sand porte sur les personnages fe´minins est quasiment calme et froid, le regard qu`elle porte sur les personnages masculins se nuance de de´sir. Aussi la description qu`elle fait de leur apparence exte´rieure ve´hicule-t-elle des notations attractives pour les lecteurs et surtout
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Comme Andre´ Malraux a participe´ a` la guerre civile d`Espagne et que L`Espoir appartient au type dit `roman-reportage`, le premier regard des lecteurs pourrait e^tre politique a` l`e´gard de ce te´moignage de son engagement. Cependant, nous n`avons mis aucun accent sur une lecture simplement documentaire, ce pour re´ve´ler l`e´criture malrucienne qui se sert du re´el comme un mate´riau ne´cessaire a` la cre´ation artistique. C`est d`ailleurs l`auteur lui-me^me qui avait souligne´ la puissance transfiguratrice du re´el, ce qui fait le talent du romancier. Dans les pre´sents travaux, nous avons voulu de´montrer `une pre´sence irre´futable et glissante` se trouvant derrie`re l`e´criture de surface et s`imposant e´galement de ses premie`res histoires fantaisistes aux Antime´moires. C`est ce que Malraux appelle `farfelu`. Une e´tude attentive des images farfelues me´riterait d`e^tre faite en vue de pre´ciser le ve´ritable sujet du livre. Pour ce faire, nous avons pre´sente´ trois grands types d`image du farfelu, lesquels font de fre´quentes apparitions dans l`univers romanesque de Malaux, plus particulie`rement dans L`Espoir. Tout d`abord, c`est l`image du re´veil, de l`horloge et du pendule. Leur sonnerie impassible face a` la douleur et a` la mort des hommes semble sugge´rer `l`indiffe´rence et la permanence du monde`. Ensuite, certaines sce`nes symbolisent avec de´rision l`humiliation absurde des hommes tombe´s dans l`animalite´. Enfin, une autre image du farfelu sugge`re `l`espoir terrible et profon d` des hommes qui surmontent ou encore re´sistent a` l`absurde. Ainsi, cette e´tude nous permettra de conside´rer cet espoir dans `la possibilite´ infinie de notre destin` comme la ve´ritable signification de L`Espoir.

불문학 : 마르그리뜨 유르스나르와 자서전의 공간

오정숙(Jung Sook Oh)
한국불어불문학회|불어불문학연구  47권 1호, 2001 pp. 237-261 ( 총 25 pages)
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L`e´criture du Labyrinthe du monde nous parai^t comme un ve´ritable de´fi que rele`ve Marguerite Yourcenar parvenue au sommet de sa carrie`re, parce qu`elle tente d`y e´crire pour la premie`re fois une autobiographie sous son nom propre, au risque de perdre sa re´putation d`auteur universaliste. Or l`autobiographie moderne, lorsqu`elle est e´crite a` la fin de la carrie`re d`un e´crivain devenu ce´le`bre, devient souvent un lieu de malaise, ou` l`auteur oscille entre l`obligation de tout dire pour ne rien omettre de la ve´rite´ et la peur de briser son image de´ja` construite. C`est la raison pour laquelle Gide et Mauriac affirmaient tous deux que le roman serait plus vrai, plus profond, plus authentique que l`autobiographie, car il permet de re´ve´ler mieux que l`autobiographie la ve´rite´ d`un individu sous le masque de la fiction. Ils e´crivent pourtant des re´cits autobiographiques en choisissant de les laisser incomplets, fragmente´s, troue´s. Ils contraignent ainsi le lecteur a` lire dans le registre autobiographique tout le reste de leurs romans. C`est sur ce jeu de relation entre l`autobiographie et la fiction que s`appuie ce que Philippe Lejeune appelle "l`espace autobiographique". Cette remarque correspond pre´cise´ment a` l`e´criture du Labyrinthe du monde. La trilogie se pre´sente comme une autobiographie, car respectant le pacte de l`identite´ entre auteur, narrateur et personnage, Yourcenar garantit a` plusieurs reprises la ve´racite´ de son re´cit, passant ainsi un pacte de since´rite´ avec le lecteur. Or une lecture minutieuse du Labyrinthe du monde nous re´ve`le le perpe´tuel jeu de va et vient entre autobiographie et fiction, notamment dans le troisie`me tome Quoi? L`e´ternite´. La violation du pacte re´fe´rentiel par le jeu des noms propres et la modification des faits re´els en vue de l`effet romanesque entrai^nent une modification du contrat de lecture. Yourcenar, qui disait apre`s la publication des deux premiers volumes de la trilogie que "le roman va plus loin que l`(auto)biographie". e´tablit ainsi son espace autobiographique a` la lisie`re du re´el et de la fiction. Notre e´tude sur l`univers romanesque yourcenarien montre a` quel point Yourcenar explore toutes les possibilite´s de l`e´criture autobiographique a` l`inte´rieur du roman. De`s son projet de jeunesse Remous, la matie`re premie`re est constitue´e par le drame familial qui a profonde´ment marque´ Marguerite enfant. La confession d`Alexis, l`e´criture de souvenirs dans La Nouvelle Eurydice et dans Le Coup de gra^ce, l`autobiographie fictive d`Hadrien, le projet de Liber Singularis de Ze´non peuvent e^tre compris comme autant de tentatives autobiographiques. Le Labyrinthe du monde repre´sente donc la somme de multiples ta^tonnements, de re´sistances et de tentations qu`a e´prouve´s Yourcenar au cours de sa carrie`re d`e´crivain. En somme, l`espace autobiographique yourcenarien est cet espace ou` se superposent le re´el et la fiction, la re´alite´ et le re^ve, la vie ve´cue et la vie re^ve´e, a` l`inte´rieur duquel le souci de l`authenticite´ ne joue plus.
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